Jardin des Halles : La canopée

Jardin des halles. La canopée

La Canopée se compose de deux bâtiments reliés par un immense toit de verre aux formes courbes, dont la partie centrale abrite un patio ayant vocation à devenir le nouveau cœur des Halles. S’inspirant de l’abri naturel, protecteur et lumineux qu’offrent les cimes des arbres dans la forêt, la Canopée coiffe une ville souterraine, constituée de commerces et d’une gare, la plus fréquentée d’Europe avec quelque 750 000 voyageurs quotidiens.
Une géométrie complexe.

Les bâtiments, côté nord et sud, ont une surface totale de 14 000 m2. Ils regroupent sur trois niveaux un pôle d’équipements culturels mutualisés. L’aile nord accueille une bibliothèque, une salle de diffusion pour les répétitions, les petits spectacles et les concerts, des ateliers pour les pratiques artistiques amateurs et même un centre dédié au hip-hop. L’aile sud héberge le conservatoire de musique Wolfang Amadeus Mozart, commun aux quatre arrondissements centraux de la capitale.
Entre ces deux bâtiments, le toit de verre coiffe la place centrale et ses terrasses. C’est devenu un lieu urbain animé et de passage des Franciliens en transit ou en promenade. “Avec son ouverture monumentale de 96 mètres de longueur dans sa partie occidentale, ce patio s’apparente à une fenêtre grande ouverte sur l’environnement et est une invitation à l’explorer.

Cet espace constitue une transition entre le dessous et le dessus de la ville. Il s’agissait de scénariser une entrée dans Paris. Les utilisateurs du site vont monter vers l’extérieur et percevoir petit à petit les arbres, l’église Saint-Eustache, puis le jardin public.

Translucide et spectaculaire
L’imposante Canopée repose sur une trame de poteaux qui soutenait la structure préexistante du Forum. “Le principe a été de sélectionner 72 poteaux et d’appuyer la charge de l’ensemble sur ces points, sans créer un poteau de plus “, explique Patrick Berger. Pour y parvenir, il a fallu renforcer la capacité portante de 17 piliers, ce qui n’a pu être réalisé qu’au prix d’une délicate opération de surélévation de l’édifice à l’aide de vérins.

La verrière
L’immense verrière constitue l’élément le plus spectaculaire de la Canopée, et lui confère sa personnalité unique. D’un poids de 7 000 tonnes, elle repose sur huit points d’appui également répartis sur les deux ailes et se compose de 18 000 panneaux de verre. Ce verre a été spécialement fabriqué pour l’ouvrage. Les modules en verre feuilleté, dont les dimensions oscillent entre 1,10 et 1,60 mètre, ont fait l’objet de nombreux essais pour atteindre les caractéristiques techniques, les propriétés physiques et les effets plastiques recherchés.
Chaque “tuile” de la Canopée est composée de l’assemblage de deux verres différents. Le panneau extrados (la partie supérieure) a été sérigraphié pour obtenir une couleur proche de celle du sable et offrir “un degré de translucidité garantissant la diffusion douce de la lumière, la protection contre les rayons UV et le confort climatique”, décrivent Patrick Berger et Jacques Anziutti.
Cette couverture de 25 000 m2 s’articule autour d’une poutre caisson en forme de lyre, de 3 mètres de largeur et de 1,50 mètre de hauteur, ainsi que de 15 poutres ventelles. La disposition de ces vantelles répond aux exigences de confort des usagers, de sécurité et d’optimisation structurelle, précise Adrien Lebret. Elles sont inclinées pour se conformer aux contraintes de désenfumage, mais aussi pour protéger des intempéries. Les panneaux sont organisés les uns par rapport aux autres par recouvrement, comme sur une toiture traditionnelle.

Un verre haute couture produit à l’échelle industrielle.
C’est l’Atelier Emmanuel Barrois, à Brioude (Haute-Loire), qui a conçu le verre recouvrant la Canopée, avec le bureau d’étude Arcora (filiale du groupe Ingérop). Sa création a nécessité dix-huit mois, ponctués par une multitude d’essais et de réalisations de prototypes.